vipere timidité

Souvent, le timide se sent “agressé” de toute part et, personnellement, je ne faisais pas exception à cette règle. Dans cet article nous allons donc apprendre à faire face aux critiques et à y répondre d’une manière adaptée grâce à une méthode proposée par le Dr Frédéric Fanget dans son livre “Affirmez-vous”. Cette méthode a été très efficace me concernant lorsque j’ai commencé à travailler pour m’affirmer et c’est pour cela que j’ai pris la peine de vous la retranscrire.

Ici, lorsque l’on emploie le terme de critique, on sous entend tous les comportements et paroles négatives qui nous sont adressés de manière directe ou non: des moqueries, des insultes, etc.

Il faut toutefois bien faire la différence entre les critiques constructives, et les critiques gratuites qui sont néfastes et que vous ne devez laisser passer. Il est donc primordial d’apprendre à bien les distinguer et d’adopter un comportement adapté à chacune de ces critiques. Pour cela, il faut apprendre à ne pas réagir impulsivement, en sortant les griffes dès que l’on vous fait une remarque, car cette critique pourrait également vous être utile:

” -Tu es bien solitaire ces jours ci. Tu pourrais au moins nous dire bonjour…

- Tu me prends pour qui? Sérieusement! Je n’ai pas de temps à perdre avec vous!” (ou bien, vous rougissez, bafouillez et passez votre chemin tout en vous maudissant ainsi que l’espèce humaine)

D’une telle manière, vous perdez définitivement l’occasion d’une discution qui pourrait vous être bénéfique… et par la même occasion… un ami.

La technique de l”enquête négative” vous offrira de bien meilleurs résultats.

1- Ne plus se dévaloriser.

Tout d’abord, il est important de changer le point de vue que l’on a sur soi même. A force de se dévaloriser et de tout voir en négatif, les timides ont tendance à prendre trop personnellement tout ce qui leur est dit. Le résultat est alors catastrophique en terme de réponse. Une réponse qui ne sera d’ailleurs que rarement adaptée. Voilà, pourquoi tant de timides se sentent persécutés.
Pour approfondir ce point, je vous conseille ce précédent article: “Pensez positif“.

2- Mener son enquête

La réaction à des critiques constructives ou négatives ne seront pas identiques. Il en est donc de même des méthodes à utiliser. Toutefois, lors de chaque critique, prenez le soin de réaliser ce que l’on appelle une “enquête négative“.

Lorsque l’on mène une enquête, vous avez remarqué qu’il était important de poser des questions… et plus particulièrement de bonnes questions afin d’avoir une meilleur information sur ce qui se passe. Le rôle de notre enquête, ici, est le même. Pourquoi “négative”? Parce que dans le cas qui nous intéresse ici, c’est à dire pour les critiques, les informations sont négatives. Nous pourrions établir un procédé similaire lors des compliments et nous aurions une enquête “positive”…

Lors de cette enquête négative, l’objectif est de poser des question ouvertes, c’est à dire qui ne se répondent pas par un “oui” ou un “non” (questions fermées). Des questions du type qu’est ce que…?, qu’est ce qui…?, comment…?, pourquoi…?, quand…?

“Qu’est ce qui ne te conviens pas? Qu’est ce que tu ne supportes pas? Comment pensez vous que je puisse m’améliorer? Pourquoi réagissez vous de la sorte?…” Bref, vous aurez compris.

Enquêtez sur les faits… ET les émotions:

Faire en sorte de ne pas se laisser submerger par ses émotions, ne signifie pas qu’il faille négliger celles de votre interlocuteur. Bien qu’il soit important d’enquêter sur les faits (“Qu’est ce qui vous fait dire que mon travail est mal fait?”), il ne faut pas en oublier les émotions  qui rendent les discutions plus humaines, plus chaleureuses (“Qu’est ce que tu as ressenti lorsque tu ne me voyais pas venir?”) .

Reformulez la critique:

C’est ce que l’on appelle également de l’écoute active. Reformulez la critique en reprenant les mots de votre interlocuteur: “Si j’ai bien compris, tu n’as pas apprécié que j’arrive en retard à notre rendez-vous de ce matin?”.

Restez neutre:

Comme dit précédemment, lors de la reformulation de la critique, il faut laisser de coté vos pensées négatives à votre égard ainsi que sur les autres. iI est très important de ne pas laisser transparaitre un énervement qui pourrait déboucher sur une spirale négative et  donc au finale, la dispute.

Par exemple, si on vous demande: “Qu’est ce que tu fabriques sur un site comme celui-ci?” Des réponses neutres seraient:

  • Que signifies-tu par “fabriques”?
  • Pourquoi me poses-tu cette question?
  • Que souhaites-tu savoir sur ce site?

Des réponses non neutres seraient:

  • Ceci ne te regarde pas. C’est privé.
  • Que souhaites-tu me faire dire?

Ces réponse ne sont pas “bonnes” car elles traduisent votre pensée selon laquelle votre interlocuteur souhaite se moquer de vous et tente de vous agresser. Vous pourrez d’ailleurs faire l’expérience que plus vous vous exprimerez de manière neutre, le moins vous aurez de pensées négatives. En effet, la parole a une très grande influence sur la notre manière de pensée… et donc notre moral.

3- Réagir à une critique constructive

Après enquête négative, si la critique porte sur un comportement et non sur votre personne, nous pouvons en déduire que la critique est constructive et doit être prise en compte. A ce moment il faut adopter la technique de la reconnaissance. Reconnaissez devant votre interlocuteur qu’il a raison sur les faits et que vous comprenez ses émotions. Vous avez eu en effet un mauvais comportement (fait) et cela a du le gêner (émotion).

Ne pas admettre vos erreurs ne vous apportera aucun avantage… et vous mettra plutôt dans une situation inconfortable, voire intenable. Tout le monde peut se tromper, l’important étant de l’admettre et d’essayer de ne pas répéter l’erreur lorsque cela est possible…

En effet, cela ne signifie pas pour autant qu’il faut se plier au desiderata de votre interlocuteur. Après la reconnaissance, vous pouvez décider de changer ou non ce comportement, ou bien de négocier. Imaginons qu’un membre de votre famille vous reproche de ne pas aller lui rendre visite.

La discution entre tonton Marcel et vous pourra se terminer de trois façons différentes:

  1. Vous décidez de changer de comportement et de rendre visite plus souvent à ce pauvre tonton Marcel: “Tu as raison tonton. A partir de maintenant je viendrai une fois par semaine.”
  2. Vous refusez de changer de comportement (et c’est votre droit) même si vous avez bien écouté la litanie du gâteux tonton Marcel: “Je comprends que tu as du te sentir abandonné tonton. Mais en ce moment j’ai vraiment trop de boulot et je ne peux absolument pas me libérer”.
  3. Vous êtes d’accord pour voir un peu plus souvent tonton Marcel, mais vous souhaiteriez qu’il fasse tout de même un effort lui aussi: “Je comprend que ces derniers mois tu te sentes abandonné tonton. Toutefois, étant donné mes horaires de travail, tu pourrais toi aussi faire le déplacement pour venir me rendre visite. Cela permettrait que l’on puisse se voir plus souvent”.

4- Réagir à une critique injuste et négative

Lorsque l’on a affaire à des manipulateurs ou à des personnes toxiques, la critique peut être injuste et négative. Une critique dont le seul but est alors de vous rabaisser, de vous faire mal. Cette critique ne vise pas un de vos comportement… mais vous. Il est facile de s’en rendre compte lors de l’enquête négative.

Face à de telles critiques, il existe plusieurs solutions qui varient en fonction de l’intensité de l’agression dont vous êtes victime.

A- Émettez à votre tour une critique:

Après votre enquête négative et votre reformulation, vous allez à votre tour critiquer votre interlocuteur sur la manière agressive qu’il use avec vous. Pour cela, je vous recommande vivement l’article que j’ai précédemment écrit intitulé “savoir critiquer pour vaincre sa timidité” pour apprendre une méthode simple, efficace pour critiquer de manière assertive.

Cette technique doit être utilisée pour arrêter votre interlocuteur dans ses critiques et lui faire comprendre gentiment mais fermement qu’il est allé trop loin. Vous lui faites bien remarquer que vous ne désirez pas rentrer dans une discution blessante, et grâce à la méthode de formulation de critiques que je vous ai précédemment présenté, vous lui offrez par la même occasion une chance d’adopter un comportement positif. Cette technique est donc parfaitement adapté dans les cas où il est important de ne pas rompre une relation, comme par exemple dans un contexte professionnel.

B- La technique du brouillard

Ici, contrairement à la technique précédente, vous ne “contre attaquerai” pas. Vous ne ferez aucune critique à l’égard de votre interlocuteur. Vous devez montrer un total désintérêt pour ces attaques qui ne vous touchent pas. Une fois que leurs auteurs remarqueront qu’elles ne vous atteignent pas, il est probable qu’ils  se lassent et arrêtent.

Il n’est pas interdit de leur répondre, mais utilisez alors des formulations comme “c’est ton opinion”, “c’est possible”, “c’est ton point de vue”, “peut être”…

La technique du brouillard est particulièrement destinée contre ceux qui critiquent régulièrement et n’apportent rien d’utiles ou de nouveau. Nous connaissons tous des personnes qui passent leur temps à faire des commentaires désobligeants à la moindre occasion sur tout et tout le monde. Il est indispensable de vous en protéger et la technique du brouillard est une très bonne technique de protection. Attention cependant, cela peut mener à la rupture de la relation…

C- Refusez fermement

Dans les cas les plus extrêmes, les critiques ne sont pas seulement blessantes et dirigées contre votre personne. Elles peuvent être insultantes et violentes. Dans ce contexte là, nous devons sortir la troisième et dernière technique de notre boite à outils: le refus de forme. Vous déclarez un refus catégorique à continuer la discution dans ces conditions:

  • sur ce ton insultant
  • sur le fait que cela soit fait en publique
  • sur l’aspect généralisateur des propos
  • etc…

Vous n’êtes pas contre une discution approfondie au sujet de cette critique, mais il en est de votre dignité de la refuser dans de telles circonstances. Et il est indispensable de ne pas céder aux attaques ultérieures et de continuer à fermer la discution de manière affirmée tant que de meilleurs conditions ne seront pas remplies.

Heureusement que ces situations ne sont pas fréquentes… mais elles arrivent. Dans ces cas là, il est difficile de bien réagir, car l’émotion que l’on ressent est très forte. Vous pouvez alors vous entrainer avec un de vos amis. Demandez lui de vous crier très fort dessus, de vous insulter, de généraliser, pour vous habituer à l’aspect émotionnel et apprendre à adopter un bon comportement. En outre, selon ce que vous a dit votre ami, vous serez libre d’en changer…

Pour finir, voici un petit résumé de la méthode:

  1. Lorsque l’on vous fait une critique, commencer par réaliser une enquête négative en posant des questions ouvertes. Grâce aux informations que vous récoltez, reformulez cette critique.
  2. Si la critiques est constructive et porte sur un sujet précis, admettez votre erreur et décidez ce que vous comptez faire: changer votre comportement, ne pas changer ou chercher un compromis.
  3. Si la critique est négative (injustifiée, peur argumentée, blessante, etc), utilisez une des trois techniques: émettez une critique à votre tour, utilisez la technique du brouillard ou celle du refus de forme.

Si cet article vous a intéressé (ou pas) et que vous souhaitez qu’il soit complété par des exemples pratiques, n’hésitez pas à me le demander en laissant un commentaire.

Vous avez vous aussi vécu des situations difficiles? N’hésitez pas à venir en témoigner sur notre forum Stop Timidité.

Sources: “Affirmez-vous pour mieux vivre avec les autres” du Docteur Frédéric Fanget

Crédit Photo :gonzobonzo- Certains droits réservés (licence Creative Commons).

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